Devant les portes encore fermées du Bikini, une foule de jeans Slim attend plus ou moins patiemment l'heure fatidique. L'ambiance est bonne enfant lorsque soudain des cris hystériques nous déchirent les tympans. Une nuée de groupies, moyenne d'âge : 14 ans, se rue vers les baies vitrées armées de leur appareils photos. « Pete est en train de se baigner dans la piscine, haaaaaaaa ! ». « Pff, c'est bon, calme tes hormones, tu vas le voir dans 5 minutes ! ».
Une demi heure avant le début du concert, les portes s'ouvrent enfin et c'est à celui qui arrivera le plus vite pour être devant. Ma s½ur et moi étant des Minimoys, nous optons avec sagesse pour les gradins. Bon choix stratégique. On n'est pas collé à des gens qui n'ont jamais entendus parler d'une superbe invention qui s'appelle le déodorant et en plus on voit super bien la scène.
Adam Ficek, batteur des Babyshambles, entre en scène pour nous présenter son projet solo Roses Kings Castles. Juste sa guitare et sa voix. Un pur moment de folk féerique, tout en douceur. Pour une fois, Adam n'est pas caché derrière sa batterie et Pete n'est pas là pour lui voler la vedette. Il profite de ce moment avec joie et sans prétention et communique beaucoup avec le public. Celui-ci lui renvoie des applaudissements bien mérités.
Une deuxième première partie est programmée. Il s'agit de Graham Coxon, l'excellentissime guitariste de Blur. Mr Coxon et sa dégaine de geek débarquent sur scène avec guitare à la main et mallette dans l'autre. Il s'installe sur son tabouret, met ¾ d'heure à accorder sa guitare, s'en excuse. On le pardonne volontiers. C'est qu'il est perfectionniste, Graham ! Il entame son set et chante les chansons de son album solo The Spinning Top, tout recroquevillé sur son tabouret, le regard plaqué au sol. C'est qu'il est timide, Graham ! Il réussit tout de même à nous embarquer dans son univers country folk malgré son air taciturne.
20 minutes d'attente pour qu'enfin le héro de la soirée daigne débarquer. Et oui, Peter suit toujours la devise : « Les stars n'attendent pas, les stars sont attendues ». Le public s'éveille au son de « Last of The English Roses ». 10 musiciens sur scène : les 4 Babyshambles, 2 violonistes, 1 contrebassiste, un guitariste et....et....Graham Coxon, himself ! Et oui, la moindre des choses pour le remercier d'avoir participer à Grace/Wastelands c'est de l'inviter à jouer sur scène. Peter, quant à lui, est fidèle à lui-même. Toujours avec cet air nonchalant qui le caractérise si bien et ce plaisir non dissimulé d'enfreindre la loi. Il lance en français : « Un briquet, s'il vous plait ! ». Une dizaine de briquet volent dans les airs. Pete esquive de justesse. Le concert se déroule à merveille. Des danseuses en tutu virevoltent au son des chansons de ce très très bon album solo ainsi que des reprises des Libertines et des Babyshambles. Pas de « Fuck Forever » au programme, à mon grand désespoir, mais il y'aura « What Katie Did ? » ainsi que « Albion » pour me consoler. Peter est en forme, ça fait plaisir à voir. Par contre, on ne peut pas dire la même chose du jeune homme qui tomba dans les pommes en plein milieu du concert. Mr Doherty, l'appercevant, stopa la chanson : « Stop, stop stop ! What's happened?” C'est qu'il est altruiste le Doherty. Enfin...disons qu'il a quand même profité de cet instant pour s'en cramer une. On ne change pas les bonnes vieilles habitudes. Le concert reprend son cours. Puis se termine. Le public demande le traditionnel rappel. Celui-ci se fit désiré pendant un bon quart d'heure. Jamais dans l'histoire des rappels, nous n'aurons autant patienté. Super rappel tout de même. Final en beauté, Pete esquissant une petite danse et tire sa révérence. A la prochaine Peter !
Makizara