Les quatre énergumènes de Picardie sont de retours sur scène et dans nos oreilles avec Le sens de la gravité leur 4ème opus studio. Mais une question se pose : Leur « défaite » à l'Eurovision a-t-elle entamé leur légendaire sens de l'humour ? Le titre de l'album n'est-il pas un début de réponse ? Mystère...
C'est en surfant sur les pages virtuelles de Shotactu, qu'on apprend la nouvelle. Quoi ? Les Fatals Picards ont sortis un nouvel album ?? Il était temps qu'on le sache. Pour un rédacteur ça la fout un peu mal de pas savoir ce qu'il se passe dans l'univers impitoyable du rock français...Puis une autre nouvelle tombe par mail : « C'est toi, oui toi, qui va chroniquer leur nouvel album ». Yahouuuu !! Faut dire que les Fatals Picards c'est quand même un sacré phénomène. Un line-up à géométrie variable, 3 albums qui mettent à rudes épreuves tous zygomatiques qui se respectent et sur scène, c'est aussi drôle et incroyable qu'un sketch de Gad Elmaleh, version rock, bien sûr ! Alors, on salive sur notre clavier en faisant des petits moulinets parfaitement ridicules avec les bras tout en jetant des coups d'½il impatients sur la fenêtre de téléchargement. Plus que 5 secondes, 4, 3, 2, 1...le lecteur s'ouvre : Et paf ! C'est la catastrophe ! Enfin...une demi catastrophe. Déjà, il n'y a que 12 chansons et zéro bonus. On a connu les Fatals plus généreux ! En plus, ils ne se sont pas vraiment foulés les p'tits loups en reprenant « Seul et Célibataire », morceau figurant sur Pamplemousse Mécanique leur précédant méfait. Oh bien sûr, ils ont tout de même fait quelques modifications : déjà ils ont rajouté un 2 au titre de la chanson et ça donne « Seul et Célibataire 2 » et ils ont changé les paroles (« et je me sens comme Gainsbourg sans Gainsbarre, comme Renaud sans Renard »). Mais malgré tout, elle le fait grave cette nouvelle version plus énervée ...bien qu'ils auraient pu en faire un bonus et pas une chanson à part entière dans l'album. Idem pour « Mon père était tellement de gauche » sauf que cette fois-ci, y'a pas de numéro 2 ou de « bis » et que c'est une version pour vieux avec violon et tout le tralala. Zzzzzz. Mais bon, arrêtons de râler et réveillons nous un peu !
On retrouvera le sourire avec « Boum (vocal up) » une chanson « foutage de gueule » comme seuls les Fatals Picards ont le secret. Rappelez-vous : « Cure Toujours » et « Monter le Pantalon » sur leur précédent opus qui n'étaient autre que de savantes parodies d'Indochine et de Zebda (Monter le Pantalon / Tomber la chemise ...vous avez saisis ? C'est bien !). Ben cette fois-ci, c'est Superbus qui est dans la ligne de mire des Fatals Picards car « Boum (vocal up) » c'est du « Tchi cum bah » version 2nd degré. Ah que c'est bon, cet humour si particulier, cet humour tout Fatals Picardien. « Chinese Democracy (valse de Chine) » n'a à voir avec les GunsN' Roses que le titre. Ici, les Fatals s'attaquent aux JO de Pékin. Et ils repoussent encore plus loin les limites du cynisme avec « C'est l'histoire d'une meuf » qui chante pour les enfoirés. Il y'a quand même quelques chansons innovantes, si l'on puis dire, « Lady Diana » et « Le Jardin » en font partis, mais globalement Le sens de la gravité c'est du Fatals Picards tout... « non Pumba, pas devant les enfants ! ». « Craché, j'allai dire, craché non mais! ».
Quant au fameux « Le combat ordinaire », premier single extrait de l'album, c'est une chanson fort sympathique et assez entêtante. Ouais bon, vous voyez un peu l'topo. Et puis faut dire qu'elle passe en boucle sur les bandes FM alors forcement les « Palalapapapa » sont sur toutes les lèvres.
Verdict :
Bilan des courses, Le sens de la gravité, c'est un album. « Ouais !! Bravo, on n'aurait pas deviné ! ». Mais en effet, l'heure est grave, les amis. Les Fatals Picards ont perdu un de leurs chanteurs en cours de route (cf. line-up à géométrie variable, rohlala vous suivez pas là !), et par la même occasion, ils ont perdu une plume, une partie de leur humour et ils ont oublié de raser leur poil dans la main qui maintenant leur servirait presque de canne. Ressaisissez-vous les gars, sinon il ne vous restera plus qu'à faire la tournée des clubs... du 3ème âge !
Makizara


