Ça pourrait bien être la BO d'un western spaghetti réalisé par Tarantino !
The Craftmen Club, trio guitare/basse/batterie originaire de Guingamp en Bretagne, sort son 2ème effort studio sous le doux nom de Thirty six minutes. Après deux EP et un premier album en 2005, Steve, Yan et Marc reviennent foutre le feu à la scène indé française.
The Craftmen Club c'est avant tout un groupe de scène avec à leur actif de multiples concerts en tout genre. Mais The Craftmen Club c'est aussi un groupe de studio puisqu'il nous offre en cette nouvelle année un 2ème album, Thirty six minutes, placé sous le signe de leur bien aimé « prototype rock'n'roll ». 2009, l'année du neuf ! Cet opus a des faux airs de concept album puisqu'il raconte une histoire étendue sur 11 morceaux, plus percutants les uns que les autres. Ce Thirty six minutes retrace donc l'histoire de Gary Blood, un personnage fictif dont la santé mentale est quelque peu vacillante suite à l'assassinat de sa famille. On notera tout de même un côté Dionysien sur « Gary Blood », ainsi qu'un côté western spaghetti sur « Desert land » (sûrement la faute au banjo), les cow-boys, les indiens, le « Phare Ouest », et tout et tout. On s'y croirait. Une visite guidée du grand canyon messieurs, dames ! Cependant, les Craftmen Club n'utilisent pas uniquement les chevaux et les roulottes que les Daltons aimeraient bien piller comme moyens de transport. Non, eux leur truc c'est quand même les grosses voitures à la Death Proof. Et leur musique est parfaite pour arpenter les plaines américaines au volant d'un de ces engins au moteur bruyant. Tarantino serait fan !
Le petit plus musical des 3 acolytes est la facilité avec laquelle ils font passer leur message aussi bien dans la langue de Shakespeare que dans celle de Molière. (« Les Chiens », « Gary Blood »). On pourra donc aisément dire que le label Upon park/booster/discograph a fait une affaire en signant ces trois allumés là. On retrouve également un côté plus moderne et urbain sur « I can't get around » avec les « yeah yeah yeah » de circonstance qui restent gravés dans toutes cervelles au QI plus élevé que celui d'une mouette. La voix du chanteur hypnotise nos oreilles avec ce timbre guttural, qui prend des allures d'outre tombe sur « Hold out your hands (to the lost soul) ». On définira quand même leur style de garage-rock mais bien orienté US puisque le trio breton cite parmi ses nombreuses influences Gun Club, Violent Femmes, Jon Spencer Blues Explosion ou encore Johnny Cash. Vous voyez un peu le tableau...
Verdict :
Thirty six minutes, est un très bon album de « prototype rock'n'roll » puisqu'on pourra affirmer qu'il contribuera à relever le niveau du rock en France. Ouais, c'est pas du Noir Désir mais ça envoie quand même bien du steak ! N'oubliez pas, chers internautes, votre chapeau et votre flingue car The Craftmen Club vous embarque pour découvrir le nouveau monde. Gare aux coyotes ! La nuit, le désert en est infecté...Rantanplan arrête d'embêter Johnny Jumper, tu veux bien !
Makizara
Extrait de Shotactu.com

