Mister Soap and the quoi ? Smiling Tomatoes ? Mais pourquoi elles sourient les tomates d'abord? « Parce qu'elles sont contentes ! » répondra Paul, le chanteur, avec un air énigmatique. Impossible d'en savoir plus sur ce mystérieux nom qui est de loin le plus extravagant des noms de groupes Parisiens. Des parigots ? Encore ! Oui, mais ces tomates là ne nous servent pas une soupe indigeste.
Ça fait un an maintenant que les Mister Soap and the Smiling Tomatoes s'usent leurs doigts sur leurs instruments respectifs dans leur garage et les bars parisiens. Ils font partie de ce que le monde journalistique appelle « la jeune scène parisienne ». Ou en d'autres termes, les « baby rockeurs ». On en a entendu parlé de tous ces groupes (BB Brunes, Naast et consort), on en a même soupé ! Mais la soupe musicale ne fait bizarrement pas partie des influences des Mister Soap. A l'écoute de leur premier EP, Hawaii, on croirait percevoir sur une plage de sable chaud, un Dylan avec des Wayfarer visées sur le nez, les Beatles pataugeant dans les vagues, quelques Kinks qui font bronzette et des Beach Boys jouant au volley. Et au milieu de tout ça, les jeunes Mister Soap and the Smiling Tomatoes font leur potage en mixant toutes leurs influences. Et ça donne Hawaii, un EP 5 titres qui ne réinventera certainement pas le rock'n'roll mais qui aura le mérite de lever tous les préjugés qu'on avait sur les « baby rockeurs made in Paris ». La galette en question a été produite par le label de Yarol Poupaud, Bonus Track Records, qui a également signé les talentueux Parisians. Des fils de Libertines, donc, ces Mister Soap. On les aime bien alors ! Même si ce sont des habitués des Rock'n'roll Friday. Puis question musique c'est plutôt cool, avec leurs c½urs à la « Ouuuuh Ouuuuh » et « nanana nanana ». C'est très surf-music. Et leur chanson « Hawaii » ne nous démentira pas. C'est aussi très rockabilly sur « Sam and the nipples », et on constate que le boogie-woogie est la seule danse adéquate pour ce type de chanson, bien qu'on ressemble fortement à un canard pataugeant dans la semoule. Qu'importe ! Le ridicule n'a jamais tué personne. « Me and my shadow », quant à elle, met en avant la voix éraillée du jeune chanteur qui peut parfois agacée légèrement les tympans. Mais nos yeux se délecteront du visuel très enfantin des Smiling Tomatoes à base de tomates rouge vermeilles combattant un croque-mitaine le tout en coloriage qui dépasse. « Life is a pop song » fait tout de même penser à un générique de film bien kitch du genre de « La Boum » mais quand même très class, très dandy dans le style. Les influences 60's reviennent plus rock que jamais sur « Mother Sunshine » avec ses riffs implacables.
Verdict :
Hawaii, premier EP des Mister Soap and the Smiling Tomatoes est, malgré le piston dû à leur situation géographique (Paris), un très bon 5 titres bien qu'il n'apporte rien de neuf à la musique mais revisite cependant d'une manière brillante cette époque nostalgique que de plus en plus de monde n'a jamais connu. Alors, bravo messieurs et bonne route !
Makizara
